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Dans quels domaines agir ?

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Bâtiments

Contexte et enjeux

  

Chiffres clés :
  • le poste chauffage représente environ 65% de la consommation énergétique d’un bâtiment
  • la consommation énergétique des bâtiments (résidentiel-tertiaire) a augmenté de près de 30% ces 30 dernières années
  • 3,4 millions de ménages seraient en situation de précarité énergétique

 

Quatrième émetteur de GES en France, le secteur des bâtiments est à l’origine de 18% des émissions nationales. Il est également le premier consommateur d’énergie englobant 43,4% de la consommation d’énergie finale du pays en 2007 (65% pour le résidentiel et 35% pour le tertiaire).

Malgré le renforcement progressif des réglementations thermiques des bâtiments neufs depuis les années 1970 et plus récemment des réglementations pour les bâtiments existants, les émissions de GES du secteur n’ont cessé de croître (+15% depuis 1990). Différents facteurs expliquent cette augmentation dont, en particulier, le fort accroissement du parc (+41% durant ces trente dernières années) et l’augmentation des consommations d’électricité, dues au fort taux d’équipements électriques et électroniques (électroménagers, bureautique…).

Dans un contexte de raréfaction des énergies fossiles et d’atténuation/réduction des émissions de gaz à effet de serre, les bâtiments constituent un secteur d’actions prioritaires au regard des potentiels d’économies d’énergie qu’ils représentent. Dans ce cadre, le secteur est amené à modifier considérablement ses habitudes en matière de rénovation et de construction afin de contribuer pleinement aux objectifs de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2050.

Ce secteur se situe également au premier rang dans la réflexion sur l’adaptation aux dérèglements des équilibres climatiques. La forte exposition du secteur du bâtiment aux évènements climatiques passés – tempêtes, inondations, retrait-gonflement des argiles lors des épisodes de sécheresse, etc. – a illustré l’exposition des populations et l’impact économique de la non prise en compte des risques climatiques.

Les leviers d’actions pour l’atténuation/réduction des émissions de GES et l’adaptation des bâtiments aux changements climatiques sont nombreux et doivent concerner l’ensemble des bâtiments (logements individuels et collectifs, privés et publics, bureaux, commerces…) :

 


1) La rénovation thermique du parc bâti existant


En 2008, la France compte plus de 32 millions de bâtiments dont plus de la moitié ont été construits avant 1975. La consommation moyenne annuelle d’un bâtiment est d’environ 240 kWh d’énergie primaire par m2 chauffé, alors que les enjeux énergétiques et climatiques exigent de réduire cette consommation à une centaine de kWh/m2.an. Les potentiels d’économies d’énergie sur le parc bâti sont donc colossaux et exigent une action forte et prioritaire qui doit s’inscrire dans une perspective de long terme.
Les actions de maîtrise de l’énergie concourent également à réduire la vulnérabilité de notre territoire au renchérissement des énergies fossiles et apportent une réponse durable à la lutte contre la précarité énergétique, en permettant aux ménages les plus modestes de réduire leur facture énergétique.

Il est important pour les collectivités qui s’engagent dans le soutien à des opérations de rénovation thermique de l’habitat existant, opérations qui pourront prolonger la durée de vie des bâtiments ciblés, de mener une réflexion sur l’impact d’une isolation conçue uniquement dans une optique de confort d’hiver. En effet, qu’adviendra-t-il de ces logements qui pourraient devenir de façon irréversible candidats à l’installation de climatiseurs dans la perspective d’une augmentation du nombre de canicules ? La question de la double prise en compte confort d’hiver et confort d’été doit être posée.


2) La construction neuve

La construction neuve représente chaque année un peu plus de 1% du parc bâti. En raison de la durée de vie des bâtiments, il est primordial pour les collectivités d’anticiper sur l’amélioration des niveaux de performance énergétique à venir (Bâtiment Basse Consommation, BBC, bâtiment à énergie positive) et de développer le recours aux énergies renouvelables pour limiter l’augmentation de la facture énergétique.

Les professionnels du secteur doivent également intégrer dans la conception des nouveaux bâtiments les réflexions sur l’adaptation des bâtiments au climat présent comme futur (par exemple : le renforcement des bâtiments face aux risques de mouvements de terrain). Enfin, ils doivent accompagner les collectivités dans la promotion de nouvelles formes urbaines (densité du bâti, compacité et orientation des bâtiments, intégration de réflexions sur les problématiques d’îlots de chaleur urbains…) pour réduire l’impact des développements urbains sur d’autres secteurs comme celui des transports (maîtrise des distances de déplacements pour la réduction des émissions de GES) ou de la santé (protection des populations face à la pollution à l’ozone et aux épisodes caniculaires).


3) La réduction de la demande au travers des usages et du fonctionnement des équipements

Tous les efforts en matière de rénovation énergétique et de construction durable seront vains si des actions sur les comportements des usagers et le fonctionnement des équipements ne sont pas menées. Les potentiels d’économie d’énergie en la matière sont importants (de l’ordre de 10% pour l’éclairage et la bureautique seulement) et peu coûteux, mais nécessitent un renforcement des actions de sensibilisation sur les modes d’usage et les moyens de régulation.


Face à ces enjeux, le Grenelle Environnement donne aux collectivités territoriales un rôle majeur à jouer dans les politiques territoriales de maîtrise de l’énergie et de lutte contre le changement climatique dans le secteur des bâtiments. Ce rôle se situe tant au niveau de leurs compétences que de leurs champs d’influence. En tant qu’acteurs de proximité, elles ont en particulier la responsabilité de mettre en place une gestion exemplaire de leur patrimoine en optimisant la construction et la réhabilitation de leurs bâtiments. Cette exemplarité leur confère la légitimité nécessaire pour encourager la rénovation énergétique de l’ensemble des bâtiments dont les acteurs de leur territoire (bailleurs sociaux, particuliers ...) ont la responsabilité.